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UNE EXPOSITION...

... de travaux d'enfants (PS-MS, Ecole de Saint-Sever de Saintonge, Chte-Mme), à partir des ouvrages jeunesse de Mario Ramos.
L'enseignante, Isabelle Verger, raconte :

Voici comment est née, cette dernière année scolaire, une production plastique dans ma classe maternelle de 15 PS et 15 MS.

En décembre, j’ai annoncé au Conseil (réunion de tous les élèves de ma classe) que nous allions nous engager dans un concours d’illustrations et que le père de Léna, qui est plasticien, nous aiderait. L'idée de départ : " En s'inspirant de l’œuvre de Mario Ramos, réaliser une production sur le thème : le livre préféré des loups ".

Je présente alors plusieurs albums de Mario Ramos. A la rentrée de février, nous décidons d’illustrer le conte des Trois petits cochons. Je rencontre ensuite le père de Léna, Cédric. Il me propose de créer une bibliothèque imaginaire où Mario Ramos pourrait trouver le livre préféré de son loup. Chaque enfant pourrait créer son livre, sa couverture, son titre et son illustration. Puis nous pourrions réaliser quelques livres-objets.
A partir de ce moment-là, il interviendra une fois par semaine et nous, entre temps, nous travaillerons seuls.

Première rencontre : un métier, plasticien, et de vrais outils pour travailler.
Cédric présente ses productions et explique comment il travaille : tableaux, affiches, photos de décors de théâtre et d’opéra, personnages en papier mâché destinés à être photographiés pour s’intégrer dans une illustration d’album pour enfants. Il offre aussi à la classe une toile représentant Mario Ramos, enfant, avec un petit loup qui servira de point de départ au travail de dessin.
Puis par groupe de cinq, il apprend aux enfants à dessiner un petit loup. Chaque enfant invente alors une couverture, la met en couleurs à la gouache avec de vrais outils, pinceaux fins et palettes de peintre.

Les titres, ou une partie, sont recopiés en majuscules d’imprimerie. Puis Cédric colle entre elles toutes les pages de plusieurs livres de poches sacrifiés, destinés à recevoir ainsi les couvertures des enfants.

Deuxième rencontre : le temps nécessaire pour réfléchir et définir notre travail.
Après avoir félicité chacun pour son travail sur les couvertures, Cédric propose d’imaginer plusieurs livres-objets : un livre pour manger, celui pour dormir, pour rêver, pour rencontrer l’amour, pour voyager, pour s’amuser. Il prend note des propositions des enfants.

Troisième rencontre : le passage à la fabrication.
Pour réaliser les livres-objets, nous commençons alors à fabriquer les différents éléments nécessaires : pour celui de la " rencontre de l’amour ", nous construisons deux masques de loup avec la technique du ballon gonflable, recouvert de morceaux de papier journal, collé avec de la colle à tapisserie.
Pour le livre " voyager ", nous fabriquons deux montgolfières et un avion avec la technique précédente, ainsi qu’un train réalisé avec des petits blocs de bois que les enfants ont peints. Pour le livre " dormir ", nous fabriquons des arbres avec des fils de fer recouverts de morceaux de papier de journal collé à la colle à tapisserie.
Ensuite, nous peignons les arbres et dessinons les fenêtres sur les wagons et la locomotive.

Quatrième rencontre : les finitions.
Deuxième couche de papier journal sur les ballons masques, en y ajoutant des oreilles en carton, des yeux en bouchons de plastique et un museau avec une boule de papier journal.
Découpage de feuilles d’arbres dans du papier journal pour nos arbres à mots, en utilisant des feuilles de lierre comme gabarits.
Nous peignons également les masques de loup, l’avion et les montgolfières.

Cinquième rencontre : encore une étape, la mise en forme.
Les " princesses " ont apporté leurs déguisements, et nous faisons une séance de photos : chacune est photographiée avec un copain portant un masque de loup. Pour le livre " à manger ", Cédric monte sur un escabeau et nous photographie en plongée pour nous faire figurer dans le livre-objet " pour manger ".

Nous arrivons aux vacances de Pâques et notre travail est bien avancé : tous les éléments sont prêts pour réaliser la bibliothèque imaginaire. Il reste à les assembler. Cédric viendra une dernière fois en classe pour réaliser les finitions. En effet, il faudra encore recopier en lettres capitales, les titres des livres-objets, réaliser un quadrillage au feutre sur des bristols afin de préparer les nacelles des montgolfières.

Le grand jour est arrivé : quand chacun découvre la mise en valeur des productions, l’émotion se lit sur les visages. Le sens de notre travail, du temps passé, de l’investissement de chacun, tout cela est présent, perceptible.

J’ai pu constater, auprès de mes élèves, le plaisir qu'ils ont éprouvé à chaque séance de travail. Chacun était engagé dans la production, se concentrait sur des tâches parfois difficiles, demandant de travailler minutieusement avec des outils et sur des supports de petite taille.
Ce que j’ai trouvé important, c’est que chaque production se faisait en plusieurs étapes. Cela paraît essentiel pour apprendre à accepter l’effort dans la durée. Le travail ne se terminait pas dès la première séance : il fallait le reprendre, soutenir l’effort en prenant en compte les contraintes. Mais pour tout cet effort, personne ne pouvait se sentir seul : très souvent, le travail obligeait à l’entraide, il fallait s’organiser à plusieurs et tenir compte de l’autre. Le professionnel, aussi, a apporté ses compétences à l’égard de chacun, moi, l’enseignante, et les enfants. Il s’est aussi montré à l’écoute des élèves, il les félicitait souvent et se référait aux mêmes règles que nous dans notre classe : ranger le matériel, présenter et faire le bilan du travail, demander la parole et écouter celle des autres.

Nous avions pu mener notre travail à terme, les enfants s'aidant les uns les autres, malgré l'étalement du travail dans le temps et les difficultés rencontrées : je les ai vus grandir.

Isabelle Verger
Juin 2010 - Ecole de Saint-Sever de Saintonge, Charente-Maritime.