17 RUE HENRI FICHON 16100 COGNAC 05 45 32 20 52



Le monde sans vous

Sylvie Germain

Le monde sans vous

Deux présentations pour ce livre par deux lecteurs différents :
Premier lecteur :
Quel voyage ! L'auteure nous fait prendre le Transsibérien qui nous emmène à travers des paysages grandioses, changeants, décrits de façon poétique, magistrale.
Mais elle nous fait prendre aussi des chemins de traverses où nous rencontrons poètes, légendes, souvenirs d'êtres chers disparus.
Et toujours cette importance des mots : mots « parfois volés à d'autres », qui eux aussi voyagent, vont, viennent, nous inondent d'émotions et décrivent si bien la beauté du temps qui passe.

Deuxième lecteur :
"Une œuvre écrite lors d’un voyage dans le transsibérien, voyage qui conduira S Germain de Moscou à Vladivostok, qui dévoile en filigrane les paysages de la Sibérie mais cette œuvre est un tombeau (au sens littéraire du terme) qui s’ouvre sur l’évocation de la mère disparue. Cette absente est à ce point présente que paysages et évocations personnelles se mêlent. Sylvie Germain convie aussi d’autres artistes : Mandelstam, Celan, Cendrars, Supervielle… à exprimer à ses côtés l’inexprimable. Le livre se ferme sur un texte plus ancien qui effleure le portait d’un père parti depuis quelques années mais qui lui aussi accompagne l’écrivain. Là encore, le regard sur un tableau de Piero della Francesca permettra de dire avec pudeur la douleur mais aussi la gratitude, l’amour porté aux siens.
Ces deux textes : « Variations sibériennes » et « Kaléidoscope ou notules en marge du père » qui constituent Le monde sans vous, sont l’occasion de découvrir ou redécouvrir de nombreux artistes sur lesquels Sylvie Germain s’appuie comme pour mieux donner à lire un écrit très personnel.
Une œuvre inclassable qui sur la fin évoque Mallarmé le poète qui a fait des tombeaux pour des écrivains (Verlaine, Poe, Baudelaire) mais incapable d’écrire pour son fils très tôt disparu, comme pour partager avec les hommes d’ici ou d’ailleurs , de maintenant ou d’un autre temps, cette expérience difficile du deuil d’un être cher, comme pour mettre des mots là où il est si difficile d’en trouver.
Devant ce tombeau littéraire j’ai apprécié une fois encore la pudeur, la justesse des mots, l’exercice n’est pourtant pas aisé : parler d’une mère disparue. Sylvie Germain excelle à explorer les fragilités humaines, à les donner à lire et il n’est guère surprenant que ce texte résonne en chacun de nous – en tout cas en moi…"

Chez Albin Michel