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Le jour avant le bonheur

Erri De Luca

Le jour avant le bonheur

Il y a des livres où l’on entre de plain-pied : d’emblée, ils nous touchent, et nous sommes alors happés comme par un courant d’air ! Je suis entrée ainsi dans le dernier Erri De Luca et je l’ai dévoré une première fois, tendue dans la découverte. Puis, aussitôt fini, je l’ai repris pour laisser la lecture s’entrecouper de silences, d’images. M’en imprégner, y découvrir les multiples thèmes qui s’entrecroisent, se développent : une jubilation heureuse …
Roman d’initiation, de formation, longue méditation joyeuse et pleine de vie, la vie napolitaine bien sûr : ce que c’est que grandir, comment grandit-on, nous les humains ? Tensions violentes entre ancrage nécessaire et risque de fermeture, portes ouvertes, portes fermées.
L’ancrage : la ville où l’on a grandi. Naples pour le narrateur, les jeux de l’enfance, la pauvreté, les histoires racontées par les adultes, l’école, la lecture et les livres, la vie aussi autour de chacun, depuis le concierge, Don Gaëtano, celui qui ouvre et ferme les portes, première figure initiatrice, jusqu'au pêcheur qui initie en silence à la mer, au cordonnier qui ouvre à l’humour…
Le monde manifeste, riche, multiple, mais aussi, et donné dès les premières pages, le monde secret, caché, qui se perçoit tout d’abord à travers " les trappes murées, les passages secrets, les crimes et amours illicites "...
L’émerveillement est là, sans mièvrerie, devant la nature, la baie de Naples, le volcan, la ville, la mer. Et entraperçus, plus loin, le bonheur des langues, des études, des rencontres…
Le monde est là, à portée du regard pour une part, dans les histoires que raconte Don Gaëtano à l’enfant, histoires individuelles, histoire collective aussi, celle du " peuple " napolitain au moment de l’Occupation et juste après. Histoires lues dans les livres, aussi, qui " gardent l’empreinte d’une personne, plus que les vêtements et les chaussures ".
" L’homme est un recueil d’histoires, plus il est bas, plus il en reçoit." La nécessaire humilité de celui qui reçoit, mais aussi de celui qui donne, raconte, se fait passeur de monde : " Je dois t ‘apprendre et je dois te perdre ", dit Don Gaëtano à l’enfant. " Un jour tu auras fini d’apprendre de moi ". Passé l’enfance, ce n’est pas dans la famille que l’on grandit. Il s’agit d’être " apprenti de tout ", et pour cela, de partir et découvrir.
Superbe !

Éditions Gallimard

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